Cas qu'on a déjà rencontrés depuis un an de pasdegaspienneries et qu'on rencontrera encore plus fréquemment. Cas douloureux et pas facile à gérer, de deux types, en gros :
- 1) "Hé, les mecs, j'ai découvert votre Forum, c'est super ! J'ai déjà posté 3 messages. Est-ce que je peux venir à votre prochaine rencontre "dans la vie réelle", hein, les gars, hein ?"
- 2) "Ah, vous faites des rencontres en moto ? Super, ça tombe bien, j'ai une Béhème et les autres Clubs sont pleins de mecs moins sympas que vous… On se met où ?".
Argh. Comment leur dire ? Ca fait penser à la phrase connue : il y a une chose plus dure que d'aimer sans être aimé, c'est d'être aimé sans aimer… Surtout, ne blesser, ne vexer personne. Être à la fois humble et exigeant, souple dans l'approche et ferme dans ses principes. Duuur…
Bon. J'essaie.
Ce qui se passe d'habitude, c'est le circuit a) j'ai une moto, b) je rencontre d'autres possesseurs de moto, on se fait des balades, c) on sympathise, d) on formalise par un Club ou Association, ou autre forme de regroupement. Généralement, il y un argument, un fondement très lié à la moto : c'est par marque, par type de moto, par région, par profil motardien (les sportifs, les papy touristeurs, les Harleysiennes (ouarf), les loubards du département XX, les crampons fous, etc.).
PDGDV, c'est autre chose et c'est ça qu'il faut piger.
Regarde les "anciens" : à ce jour, ils se sont frappé les 8000 messages du Forum First* + les 41000 actuels. Tu as là une quinzaine/vingtaine de personnes qui ont passé des dizaines, des centaines d'heures ensemble, à échanger des infos, des vannes, des émotions, à se découvrir, à se livrer, s'investir dans une relation électronique sans autre objectif que d'apporter à ces cyberpotes autant qu'ils en donnent de leur côté.
Et un jour, on a décidé de se voir. Et ça a été à la hauteur de toutes les espérances. L'infirmier, le vendeur de bagnoles, le pilote de chasse, le dentiste, le directeur commercial, le conseiller en gestion de patrimoine, le prof, gendarme, le pré-retraité, le DirCom, l'informaticien, le chercheur de pétrole, sa compagne, l'instructeur moto, les belges, les suisses, les expatriés d'Amérique du sud et du nord, les trentenaires, les presque-soixantenaires, les ratons-laveurs…
Tu crois qu'il suffisait qu'ils aient la même moto pour que "ça marche" ? Tu crois pas que si un possesseur de japonaze débarquait, avec le même type d'humour, le même sens de la dérision, la même sensibilité, la même chaleur, tu crois pas qu'il serait accueilli comme un frère ?
On a fait une fois l'expérience d'intégrer des pièces rapportées, par sympathie. Une Béhème, des gens biens, gentils et tout. Mais des inconnus, étrangers à nos bavardages sur le Forum, n'ayant pas le même goût pour un peu d'attaque dans les virolos, en retrait dès que les délires verbaux commençaient, le soir à l'étape… Pas dans le coup, ni sur la route, ni à table. De la faute à personne, mais exclus malgré leurs qualités. En un mot, on n'était pas un "club de motards". On était une bande de potes. Et ils n'en étaient pas. Pas dramatique, hein. Mais on ne veut pas recommencer.
Un pasdegaspien, c'est un cerveau d'un certain type qui s'est posé sur une moto d'un certain type. Et dans cet ordre là . On se bat du quanti, seul le quali nous intéresse.
Alors, tu me diras que le clan est fermé, bouclé, qu'il a fait le plein et claqué les portes derrière lui, hein ? Ben non. Depuis trois ou quatre mois, d'autres sont arrivés, ont pris le temps d'aller fouiller dans les traces écrites de cette courte histoire, ont patiemment arpenté ce Forum pour reconstituer un peu l'objet, flairer la personnalité commune, entrevoir des personnages derrière les pseudos, découvrir un profil pasdegaspien, s'en imprégner pour voir si affinités avant de demander plus. Ils ont été accueillis à bras ouverts.
Et pas forcément des "posteurs" fous. On sait que certains d'entre nous lisent tout et ne postent qu'a minima. Mais ils font des centaines de bornes sous la flotte et la neige pour venir boire un coup et serrer trois louches.
Toi qui me lis, là , en te demandant si tu vas finalement demander à venir à la prochaine rencontre, rappelle-toi que le meilleur moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier. Prends ton temps, apprends, renifle, pige, emmagasine le matos nécessaire à ta prochaine rencontre. Car comme pour un hologramme, chaque membre de la pasdegaspiennerie contient la totalité de l'ensemble, l'a ingéré, mûri. On s'appelle par nos pseudos, mais on se connaît comme de vieux potes.
Toi qui me lis, tu viendras un jour. Simplement, tu sais maintenant qu'il ne te suffira pas de montrer au pasdegaspien ta belle moto, tes sliders patinés ou ton recueil d'histoires drôles.
On aime ceux qui inventent pour nous seuls, pas ceux qui copient-collent des vannes éarrière-trainées.On aime que ça palpite, on aime quand ça a du corps, quand c'est plus ému mais aussi plus rugueux, on aime se reconnaître sans s'être connus, on aime ceux qui ont les yeux qui brillent, on aime avoir du mal à se quitter. Et c'est pas seulement du fait de nos gazelles –superbe alibi- ou des virages non-gaspillés en commun. La porte est ouverte, il y a juste quelques marches.
Alors comment faire ? On en a parlé entre nous, un peu. Une fois que tu auras pris la mesure de la bestiole à travers nos écrits, le mieux est de rencontrer (tu veux rouler ? C'est l'occasion, va le voir !) l'un des membres actuels, un de ceux qui constituent ce que Vil appelle le noyau dur car il s'appuie sur tout ce petit monde pour piloter son site.
Fais-toi connaître. C'est pas l'inquisition, juste une prise de repères. Tu sauras vite si tu veux aller plus loin, et nous aussi. Et des rencontres régionales sont en train de se mettre en place, l'occasion de premiers contacts.
A bientôt sur nos lignes, celles du Forum d'abord, puis le long des lignes blanches. Ciao !

